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Reportage réalisé en Bulgarie
les images d’un voyage
J’ai beau essayer de rester impartial et de garder mon sang froid, deux mots me viennent continuellement à l’esprit : c’était fantastique !
Cette introduction semble un peu trop journalistique, je le reconnais, mais j’espère tout de même que vous tomberez d’accord avec moi, surtout lorsque vous aurez lu le reportage. De fait, le voyage s’est transformé en l’une des plus grandes surprises que j’aie vécues depuis quelques années. Et des plus agréables.
Les débuts furent modestes : je passai les deux premiers jours à la foire du livre de Sofia (avec mes amis des éditions PAN qui ont édité La forêt des fantômes). Je signai quelques livres, bavardai avec des lecteurs, pris connaissance de ce qui se faisait de nouveau en Bulgarie dans le monde de l’édition… Bref, un quotidien normal consacré au travail, rien de spécial. Rien ne laissait encore présager que des aventures plus tumultueuses m’attendaient.
Mais le 20 mai, les choses commencèrent à prendre un tour plus dynamique. L’après midi, je devais visiter le premier club de fans de La forêt des fantômes. Je m’y rendis sans attendre grand-chose de cette rencontre, même si j’étais sacrément curieux. Qui donc étaient ces fans ? Je savais que c’était des enfants de CE1 et CE2 de l’école N° 12, mais c’était tout.
Et voilà que, surprise !, je n’étais pas attendu par trente enfants, mais par trente petits volcans ! Je n’exagère pas, les enfants du club sont tout feu tout flamme ! Ils m’assaillirent de questions, puis d’idées, tellement, que si je tentais de toutes les réaliser, il me faudrait sûrement au moins deux ou trois autres vies ! Et, bien sûr, ce qui était extra, c’est lorsqu’ils m’ont dit qu’ils préféraient La forêt des fantômes à Harry Potter ! Apparemment, ils avaient vraiment envie de me faire plaisir. Cela faisait très longtemps que je n’avais pas vécu de moments aussi vrais et agréables. Merci à vous, Stèfi, Mirella, Lioubtcho, Valio et tous les autres ! Merci du fond du cœur !
Le 21, autre surprise : alors que je ne m’y attendais pas du tout, il m’a été possible de faire une présentation de La forêt sur la première chaîne de télévision bulgare. Todor Litovski, qui a réalisé le reportage, s’est montré vraiment professionnel et correct. Et très bien disposé à mon égard, même s’il n’avait pas encore entendu parler du livre. L’émission a été transmise le lendemain matin, elle avait l’air très intéressante, du moins à mes yeux de profane. Toute ma gratitude va également à Todor Litovski et à son équipe !
Deux heures plus tard, c’était la première lecture « officielle » dans la bibliothèque Ivan Vazov de Plovdiv. J’ai dû partir à la sauvette de Sofia, car le temps passait vite, mais heureusement, je n’étais pas en retard.
La aussi m’attendait une série de surprises très agréables. Cette fois-ci, je fus impressionné par l’énergie incroyable de Mme Vily Lazova et de ses collègues de la bibliothèque de Plovdiv. Je ne m’étais vraiment pas attendu à un tel enthousiasme ! Madame Lazova a très gentiment fait une présentation du livre, puis ce fut le tour des nombreuses questions des enfants, de la signature des livres, les yeux radieux, les visages rieurs… Pour finir, j’étais complètement épuisé, mais ils en demandaient encore ! Ils ne se calmèrent que lorsque je leur promis solennellement que le second livre serait publié très bientôt. Sinon, ils ne m’auraient sans doute pas laissé partir aussi facilement…
Deux jours plus tard, la veille du 24 mai, jour de la culture slave : énième lecture, cette fois, dans ma ville natale de Preslav. Je rencontrai des gens qui me connaissaient depuis bien longtemps, et pourtant ils réussirent à m’étonner. Dima Kiourktchieva, vieille connaissances des années d’école, qui travaille à la radio nationale, avait invité un opérateur de la télévision locale de Choumène, ce qui fait que le lendemain, il y eut un autre reportage, assez long, sur La forêt…
Mais revenons-en aux choses vraiment importantes : ces petits yeux radieux, c’est vraiment merveilleux ! Et la joie que j’ai lue dedans. Leur concentration lorsque je leur lis un passage de La forêt, la fierté qui les gagne lorsque je les complimente pour les idées géniales qu’ils me proposent… Les enfants sont les meilleurs lecteurs que l’on puisse imaginer ! Il n’y a rien de faux ou d’hypocrite en eux, tout ce qu’ils disent vient du cœur. Si j’avais écrit un livre pour adultes, je n’aurais pas été aussi sûr de l’authenticité de leurs opinions. Mais, par bonheur, les enfants ne jouent pas comme les adultes et avec eux, tout est plus facile…
Retour à Sofia le 27, avec une seconde présentation du livre à la télévision (encore inattendue, cette fois, dans l’émission « Bonjour, Bulgarie » sur « Nova televizia »), puis le 28, interview pour la radio nationale. Entre temps, j’ai rencontré encore une fois les enfants du club, tiens, encore une surprise ! Ils m’attendaient tous, habillés avec un tee-shirt à l’effigie de la petite Annie aux cheveux roux. Madame Bentchéva (une femme extraordinaire, Dieu fasse qu’il y ait plus d’instituteurs comme elle en Bulgarie) avait réussi à obtenir l’impression des tee-shirts en quelques jours seulement. Donc, les fans m’attendaient vêtus d’un « uniforme ». Le premier « uniforme » de La forêt. Il va de soi que j’étais plus qu’heureux ! Un petit détail seulement a terni ma joie : il se trouve que juste ce jour-là, j’avais oublié mon appareil photo et j’enrage encore à la pensée que je n’ai pas une seule photo de mes petits fans avec leurs tee-shirts. Bon, tant pis, ce sera pour la prochaine fois…
Le 29, retour à Berlin en avion (malheureusement tout a une fin). Je quitte la Bulgarie avec des sentiments mêlés, à la fois triste, mais aussi gonflé à bloc. Maintenant, je sais vraiment pourquoi j’écris mes livres. Tiens bon, petite Annie, nous avons encore plein d’aventures qui nous attendent !
Les petits fans sont impatients !
Berlin, 15.06.2002
Zlatko Enev
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